C’est le 14 Février et sans surprise, nous allons parler d’amour. 

Je pourrais vous parler de l’amour maternel, paternel, fraternel, amical, du grand Amour, de l’Amour avec un grand A. 

Mais je voudrais surtout parler de l’amour difficile. Vous savez, cet Amour qu’on ne montre jamais dans les contes de fées, celui qu’on ose à peine aborder au cinéma . L’amour impossible. 

En tant que femmes, nos cerveaux ont été formatés par la société pour percevoir l’amour comme étant le but ultime de notre existence. D’ailleurs, bien souvent, cela va de pair avec l’idée que l’on se fait du mariage. 

En soi, l’Amour est une chose tout à fait admirable.  Le seul hic, c’est qu’on ne prône qu’un type d’amour, sans nuage, sans problème. On nous fait croire que l’amour, une fois trouvé, est constant, qu’il ne requiert ni travail, ni sacrifice. 

En clair, le message, c’est « Battez-vous becs et ongles pour trouver l’Amour. Une fois que vous l’aurez trouvé, votre existence prendra tout son sens et vous n’aurez plus jamais besoin de rien d’autre. ».

Depuis toute petite, les filles lisent, écoutent, regardent, des histoires de princesses. Mais aucun conte de fée n’est complet sans son prince.
Regardez les dessins animés, lisez les contes et voyez comment tout au long de l’histoire, la princesse attend que le prince charmant la trouve pour enfin la mener vers une vie meilleure, sans nuage ni souci.« Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin des temps. ».  

C’est vrai pour Fiona, pour Blanche-Neige ou pour Cendrillon.Dans la vraie vie, ça l’est (un peu) moins. 

Personne ne nous dit que quand bien même on trouverait cet Amour, pur, sincère, il faudra se battre pour le garder. 

Il y a beaucoup de choses à dire sur le message que renvoient la société et les dessins animés sur l’amour, mais pour l’heure, je voudrais surtout parler d’un film que j’ai vu récemment. 

wp-1487069820457.jpg

C’est  » Loving « , sorti en 2016 et réalisé par Jeff Nichols. En tête d’affiche: Joel Edgerton et Ruth Negga dans les rôles de Richard et Mildred Loving. 

A la fin des années 50, Mildred est une femme Noire et Richard un homme blanc, tous les deux originaires de Virginie.  La loi leur interdit de s’aimer mais c’est bien leur Amour, jugé impossible qui va être à l’origine d’un tournant de l’histoire des États-Unis. Jetés en prison pour s’être mariés, contraints de déménager, de se cacher, Mildred et Richard n’ont jamais cessé d’y croire. 

Après plusieurs années de batailles judiciaires, ils réussiront à faire changer les choses: le 12 juin 1967, la Cour suprême des États-Unis déclare que toute loi apportant des restrictions au droit au mariage en se fondant sur la couleur de peau des époux est anticonstitutionnelle. 

De ce film, je retiens une réplique, simple mais puissante. Alors que l’avocat du couple s’en va au procès qui jugera si leur amour, leur mariage et leurs enfants ont le droit d’être, il demande à Richard s’il a un message à faire passer à la cour. Ce dernier répond tout simplement :  » Dites au juge que j’aime ma femme. »

Je retiens aussi la force et le calme des deux  personnages principaux, très bien interprétés par Joel Edgerton et Ruth Negga.

N’est-ce pas la plus belle forme d’Amour que de rester ensemble, forts, soudés et amoureux, lorsque tout voudrait que l’on se sépare ? 

Seriez-vous prêt(e)s à aimer dans ces conditions ? Si tout était contre votre couple, continueriez-vous d’y croire ? 

Cela donne à réfléchir sur notre façon d’aimer ; sur le sens que l’on donne à ce mot. Sur les limites que l’on se fixe. Aimer quand tout va bien, lorsque tout est rose et idyllique, tout le monde peut le faire. Mais aimer pendant la tempête, lorsque tout semble se liguer contre vous, est-ce bien possible ? Où l’amour commence t-il ? Et quand prend-il fin ? Dans ce film, le couple Loving nous donne une belle leçon. 

wp-1487069650300.jpg

Aujourd’hui, je voudrais dire à ma Famille, à mes Amis, à mon Amoureux combien je les aime. 

Il est vrai qu’on ne devrait pas attendre ce jour de l’année pour le faire. Mais je ne refuse pas l’occasion qui m’est donnée. 

Avec beaucoup d’amour, 

Nathalie.