Si vous saviez combien j’admire Chimamanda Ngozi Adichie, cela ne vous étonnerait pas de savoir que je m’apprête à parler d’un de ces livres

Ce livre, je l’ai acheté en Mars 2018, bien avant d’être enceinte donc. Et je me souviens l’avoir lu d’une traite et m’être dit que tout ce qu’elle y écrivait coulait de source pour moi et que si jamais j’avais la chance d’être maman d’une petite fille (et d’un garçon aussi d’ailleurs), je ressortirais ce livre pour le relire encore et encore.

Et bien, c’est chose faite.

Le contenu

Dans ce tout petit livre, elle écrit une lettre à son amie Ijeawele afin de lui apporter quelques éléments de réponse à la question : comment donner une éducation féministe à ma fille ?

Sans vouloir tout dévoiler, je vais quand même citer ici quelques-uns des 15 conseils qu’elle donne à son amie :

  • 1. Sois une personne à part entière. Refuse l’idée selon laquelle la maternité et le travail seraient incompatibles
  • 2. N’aie pas peur de te faire aider (notamment par le père de ta fille). Pendant ces premières semaines de maternité, ne sois pas trop dure avec toi même. Demande de l’aide. Superwoman n’existe pas. Laisse à son père la place de s’occuper d’elle. Et partagez équitablement, ce qui ne signifie pas toujours 50/50.
  • 3. Refuse le carcan des rôles de genre.
    Considère la comme une personne et non comme une « fille » qui devrait se comporter comme si ou comme ça.
  • 6. Apprends lui à questionner les mots qu’elle emploie. Et apprends lui à les remettre en question ses mots mais également ceux des autres
  • 7. Ne lui présente pas le mariage comme une fin en soi. Nous conditionnons les filles pour qu’elles aspirent au mariage. Ça en fait des femmes obnubilées par ça.
  • 15. Apprends lui le respect et l’importance de la différence.

Mon avis :

Je l’ai lu d’une traite la 1ère fois. Et hier soir, c’était pareil. En moins de 2 heures, c’était plié.

Ce que j’apprécie tant ?

La fluidité. J’ai vraiment l’impression de me lire. C’est comme si elle avait couché sur papier tout ce que je pense mais que je n’arrive pas forcément à exprimer de manière concise et sans m’agacer.

C’est le genre de lettre que j’aurais aimé recevoir ou mieux, que j’aurais aimé écrire pour aider les générations présente et future à mieux appréhender le féminisme.

Un exemple ? Chaque femme devrait se dire que « je compte. Je compte autant. Pas à condition que. Pas tant que. Je compte un point c’est tout. »

Chimamanda a la langue bien pendue et n’hésite pas à se moquer gentiment de la famille ou des amis du mari de son amie. Ça m’a bien fait sourire.

J’ai eu l’impression de lire une amie, une tante, une maman.

C’est instructif, c’est drôle, c’est frais et en réalité c’est du bon sens.

Ma suggestion préférée ?

La 8ème :

« Apprends à ta fille qu’elle n’a pas à se soucier de plaire. Il lui suffit d’être elle-même. »

Nous vivons dans un monde où on enseigne aux filles à être « gentille ». Mais ce que ça implique souvent c’est de se taire, de sourire, de supporter, de paraître, de faire semblant et tout cela pourquoi ? Pour faire plaisir « aux gens ».

Je refuse cela dans ma propre vie et je ferai tout ce que je peux pour que ma fille ne ressente jamais ce besoin absurde de se conformer pour « plaire ».

L’un de mes passages favoris :

« Je souhaite à [ta fille] d’avoir quantité d’opinions et qu’elle les construise avec un esprit éclairé, humain et ouvert.

Qu’elle soit en bonne santé, qu’elle soit heureuse. Qu’elle ait la vie qu’elle désire, quoi que cela puisse signifier. »

En arrivant à ce passage, qui marque la fin du livre, j’étais presque émue parce que c’est exactement ce que je souhaite à ma propre fille.

Je pourrais en parler pendant des heures. Mais le mieux c’est que vous vous fassiez votre propre idée.

D’avance, bonne lecture !