J’ai vraiment passé un bon moment au Sénégal. Ce n’était pas seulement à cause des filles géniales qui m’accompagnaient, ni à cause des mangues, du bissap et du thiep…

Ce n’est pas non plus uniquement parce que c’était en Afrique, qu’il faisait beau ou que les oiseaux chantaient chaque matin.

C’est un tout, mais ce que j’ai aimé au Sénégal, c’est la combativité et la résilience des sénégalais.

Venant d’un pays « riche » (en ressources naturelles), j’ai vite compris que les richesses ne faisaient pas tout. Et surtout, elles ne faisaient pas l’Homme. Mon pays, le Gabon, regorge de pétrole, de manganèse, de bois et j’en passe, mais où se situe t-il aujourd’hui ?

Le Sénégal, pays d’Afrique de l’Ouest, de 15 millions d’habitants ne possède presqu’aucune ressource naturelle et vit surtout grâce aux recettes de la pêche et du tourisme. Des secteurs qui, en plus des ressources naturelles, pourraient tout à fait être développés au Gabon, pays d’Afrique centrale d’un petit million d’habitants mais plus grand que le Sénégal.

Bref.

J’ai apprécié mon séjour au Sénégal entre autres parce que, je n’ai jamais eu l’impression que les Sénégalais étaient réfractaires au travail. Et c’est une chose que j’admire profondément.

J’ai eu le sentiment, tout à fait subjectif, c’est vrai, que les sénégalais étaient des battants et qu’ils avaient compris qu’ il fallait miser sur ce qui marche; dans leur cas, le tourisme.

Cette impression s’est confirmée, entre autres lors des visites suivantes :

Monument de la résistance :

Inauguré en 2010, pour le cinquantième anniversaire de l’indépendance du Sénégal, l’édifice mesure 52 m de haut. Il est situé sur une colline, l’une des deux « Mamelles », l’autre accueillant déjà le  » phare des mamelles ».

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Il représente un couple et un enfant. Le bras droit de femme est tendu vers l’arrière, pour illustrer que le passé n’est pas oublié.  Tandis que l’enfant pointe l’horizon, comme un symbole d’espoir et d’avenir prometteur.

Message à la jeunesse :
Jeune d’Afrique
ou de la diaspora,
Si un jour tes pieds te portent
Au pied de ce Monument,
Pense à tous ceux qui ont sacrifié
Leur liberté ou leur vie
Pour la Renaissance de l’Afrique 

Tout ceci, et bien plus, nous a été expliqué par le guide du musée lors de la visite. La visite simple s’arrête au 3ème étage, tandis que pour  3000 f CFA, il est possible de monter au sommet (15ème étage) et de se retrouver dans la tête du géant avec une vue imprenable sur Dakar.

Lors de la visite, l’accent est mis sur l’Histoire globale du continent Africain et pas uniquement sur l’esclavage. Le guide a d’ailleurs tenu à mettre les choses au clair : l’esclavage ne représente qu’une infime partie de notre histoire et il serait temps que l’on s’approprie fièrement toute la partie glorieuse.

Pour un pays comme le Sénégal , je trouve que c’était ingénieux de faire construire un tel symbole, attractif pour les touristes et plein de sens pour les locaux.

Néanmoins, le monument n’a pas que des fans au Sénégal. Mohamed, l’un des chauffeurs de taxi avec lequel j’ai longuement discuté du pays et de son développement me disait combien, chaque matin en se levant (il vit à Ouacam, au pied du colossal monument), il était triste de savoir que 12 milliards de CFA avaient été « gâchés » là-dedans lorsque des enfants n’allaient pas à l’école, ou que les besoins primaires (alimentation, eau, santé) laissaient à désirer.

De plus, le fait qu’Aboulaye Wade ait cédé des territoires sénégalais à la Corée du Nord pour financer les travaux, passe mal.

Mohamed était pourtant assez satisfait des travaux entrepris et réalisés par Abdoulaye Wade lors de ses 12 années à la tête du pays. Alors que nous roulions dans Dakar, il n’a cessé de me montrer les œuvres de l’ancien président.

Quelques jours après mon retour, j’apprenais que le monument de la renaissance africaine inaugurait une terrasse en toiture, permettant de boire un verre ou de faire la fête avec une vue imprenable sur Dakar. C’est de toute évidence, un lieu que je visiterai lors de mon prochain passage.

Lac rose :

De son vrai nom Retba, le lac rose est l’un des sites les plus connus du Sénégal. Pour sa couleur atypique mais aussi parce que jusqu’en 2007, c’était le point d’arrivée du célèbre rallye Paris-Dakar.

Le lac, situé à 45 km au nord de Dakar, doit sa couleur aux algues situés au fond du lac qui prennent une teinte rosée lorsqu’il y a, un vent fort ET un soleil aride. Le lac n’est donc pas rose toute l’année !

Lors de notre visite, le guide nous indique que le taux de sel ici est supérieur à 350 g/l d’eau. C’est plus que la Mer morte (270 g /l) et presque 12 fois plus que l’eau de mer (30g/l).

Ainsi, le lac rose est l’un des plus salés au monde et le sel exploité depuis 1970 est utilisé pour la consommation locale ou internationale (Afrique et Europe pour le sel de déneigement, notamment).

Avant d’entrer dans l’eau pour extraire le sel, les hommes doivent s’enduire la peau de beurre de karité pour limiter la sécheresse. Les femmes n’étant pas autorisées à travailler dans le lac, elles relaient les hommes en déchargeant les barques avec des bassines, qu’elles portent sur la tête.

Après la traversée du lac, et la visite de l’autre côté, nous sommes allées dans un restaurant avec vue sur le lac où nous avons pu flotter. Si si, vraiment: la haute teneur en sel fait que tout corps flotte dans le lac rose. C’était, comment dire… Spécial.

Par ailleurs, le guide nous informe que l’eau aurait des vertus sur la peau, les rhumatismes, les douleurs et bien d’autres choses. Mais attention, il ne faut pas y rester plus de 15 minutes, sinon gare à la sécheresse !

Maison de Senghor à Dakar :

Léopold Sédar Senghor est le premier président du Sénégal, poète, écrivain, et membre de l’académie française.

Nous avons visité sa maison, qui date de 1978 en l’état exact dans lequel il l’avait laissée lors de son dernier séjour en novembre 1991. Elle est située à Fann résidence sur la corniche de Dakar.

C’est la maison dans laquelle il vivait avec sa 2ème épouse, Colette Senghor, et son fils, Philippe. Elle a été rénovée en 2014 après qu’elle ait été rachetée par l’état Sénégalais à la veuve pour en faire un musée.

C’est à la fois émouvant et déroutant de se rendre compte que les meubles, les draps, les livres, les objets sont à cet endroit précis depuis plus de ving ans. Tout à l’intérieur de cette maison est plus vieux que moi !

On découvre ainsi la vie personnelle de l’ancien président : du décès tragique de 2 de ses 3 fils, à son goût pour l’art et la lecture, en passant par ses après-midi, partiellement occupées à nager ou à nourrir les oiseaux.

La visite, très intimiste est faite par un monsieur âgé, ancien de la garde rapprochée de Senghor: Barthélémy Sarr,  gendarme à la retraite. On sent dans son récit, toute l’admiration qu’il avait pour son patron.

Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur mais l’extérieur est bien représentatif de la maison : beauté, sobriété et élégance. La maison dakaroise de Senghor ne fait pas dans la démesure et est décorée avec goût.

La visite coûte 2000 francs CFA et vaut le détour.

J’admire véritablement la façon dont l’état Sénégalais s’attache à honorer l’Histoire et la culture sénégalaise. C’est sans aucun doute, l’une des raisons pour lesquelles j’ai tant aimé le Sénégal.

A n’en point douter, je reviendrai.