Gamba

Au départ de Port-Gentil, nous avons mis le cap sur Gamba.

Cette fois, par avion; avec la compagnie aérienne Afrijet, ponctuelle et bien organisée.

Après une escale à Libreville, puis une petite heure de vol, nous voilà arrivés à Gamba, fief de la compagnie pétrolière Shell, comme le prouve le logo visible sur le petit bâtiment de l’aéroport.

Le lendemain, direction Sette Cama 

Cela fait plus de 4 ans que j’ai entendu parler de Setta Cama. C’était la 1ère fois et le portrait que l’on m’en avait fait m’était resté en tête. Depuis lors, je m’étais jurée d’y aller. Si vous me connaissez, vous savez que j’obtiens toujours ce que je veux. La preuve. 😉

Alors que le jour se lève à peine, ce 19 Août 2017, nous prenons la voiture et nous rendons vers Gamba-ville où nous avons RDV avec notre guide (de l’agence de voyage Rendez-vous Tour).

   

Il fait un peu frais et un épais brouillard nous empêche de voir 100 m plus loin. Gamba porte bien son nom : « brouillard » en langue vili.

Nous embarquons dans un speed boat et nous pénétrons dans la lagune de Ndogo.

Le guide, Zico, est extrêmement compétent et nous parle de choses et d’autres. Des animaux qui peuplent la forêt, de la vie dans la région, de son métier, de quelques faits historiques, de ce que nous allons faire. Au programme : à peu près 1h de bateau puis marche dans la forêt, avant d’arriver face à l’Océan Atlantique où nous déjeunerons. Ensuite, nous longerons la côte  jusqu’à l’endroit où se rencontrent l’océan Atlantique et le fleuve Ogoué. De là, nous reprendrons le bateau pour rentrer à Gamba.

A ce moment-là,  nous ignorons que nous marcherons plus de 6h au total, que nos jambes voudront nous lâcher, plus d’une fois et que nous aurons une belle frayeur avec des buffles et des éléphants.

Pour l’heure, nous observons, singes, oiseaux, hippopotames et autres. La saison n’est pas propice à la sortie des animaux et il faut donc être patients pour les apercevoir mais quelle sensation incroyable de se dire que nous sommes au milieu de nulle part, dans un environnement naturel, presqu’intact. Le guide met un point d’honneur à ce que l’on soit sensibilisés à l’éco-tourisme. Pour lui, il est primordial de respecter les animaux et leur environnement. Hors de question de jeter quoique ce soit dans l’eau ou dans la forêt. Nous devons également faire attention à être le moins bruyants possible. Je partage totalement cet avis.

 

 

Après avoir fait un bon petit tour, en passant par Sette Cama, nous entrons finalement dans le parc national de Loango, l’un des 13 parcs du pays.

 

 

Parc national de Loango

Nous y sommes. Le guide se veut rassurant mais précise tout de même qu’il faudra être très vigilants et à l’écoute. Pas de bruit, pas de gestes brusques. Nous le suivons.  Il est à l’avant, nous avançons en file indienne et derrière nous, le 2ème guide, chargé de surveiller nos arrières.

  

Zico nous montre des arbres et des plantes; le kevazingo, le padouk, le mbiliga, le niové, le colatier et bien d’autres, dont les usages et effets sont tous plus surprenants les uns que les autres. Certaines apaisent l’estomac, d’autres cicatrisent les blessures. Il y en a même dont l’écorce fait définitivement perdre la vue si par malheur elle se trouve au contact des yeux.

 

Impossible de tout retenir mais une choses est sûre: cette forêt est une vraie mine d’or !

Après de looooongues heures de marche (presque 4h) dans cet espace confiné où il fait chaud et humide, nous arrivons enfin sur la côte ! Quel soulagement de pourvoir respirer de l’air frais, et de pouvoir enfin nous reposer ! Ce n’est pas du luxe.

Nos guides ont bien prévu leur coup. Ils transportaient avec eux notre repas. Au menu : riz, poisson, manioc et sauce tomate, cuisinés par des femmes de Sette Cama. Nous nous reposons et nous désaltérons pendant une petite demi-heure et après, c’est l’heure d’y retourner.

Je pensais que c’était une mauvaise blague mais non, nous avons bien repris la marche en longeant la côte.

A notre gauche, la forêt, verte, dense, chaude. A notre droite, l’océan, bleu, glacial. Et au dessus de nos têtes, le soleil, couleur or, brûlant. De quoi illustrer parfaitement notre drapeau tricolore.

Je pensais que nous avions fait le plus dur mais les 2 heures qui ont suivi ont vraiment été éprouvantes, physiquement. Vous avez déjà essayer de marcher sur du sable ? C’est fatiguant. Et les 8 Km que nous avions déjà dans les jambes n’aidaient pas.

Alors, nous alternions entre marche côté mer et marche côté Terre.

Et c’est là que nous avons aperçu des buffles. Ils étaient 3 et l’un d’entre eux nous a vus, alors, de peur qu’il ne nous charge, nous avons dû nous cacher derrière des buissons. Et pendant que nous lorgnions timidement pour voir s’ils étaient partis, nous avons pu prendre quelques photos. Nous avons alors repris la marche et 1h plus tard, c’est un éléphant que nous avons eu le plaisir de croiser. C’était l’apothéose de cette belle journée. Il était là, à une centaine de mètres de nous.

J’avais déjà vu des éléphants. J’étais même montée sur le dos de l’un d’entre eux. Mais là c’était différent. Cet éléphant là, sous nos yeux, était en liberté. Nous l’avons croisé pendant qu’il se promenait. Un peu comme on croise un vieil ami au supermarché.

Il n’y avait rien de prémédité ou de certain. Nous n’étions pas sûrs d’en croiser un. Mais finalement, si. Et ça, c’était vraiment cool.

Une demi-heure plus tard, nous étions dans le bateau qui nous ramenait, épuisés, à Gamba.

Le parc couvre 1500 km² et à côté de celui de la Lopé (presque 5000 km²), ce n’est rien. Mais pour moi, c’est déjà IMMENSE.

Cette journée fut vraiment mémorable. Je ne sais pas si j’ai déjà autant marché de ma vie, et si je l’ai fait, ce n’était clairement pas dans un cadre aussi authentique.

Quelques conseils si vous devez faire le même type d’excursion : évitez les couleurs vives, susceptibles de contrarier les animaux, prévoyez beaucoup d’eau, soyez équipés bien de vêtements chauds (sweat shirt et écharpes par exemple) faciles à enlever lorsque vous avez chaud mais qui vous seront bien utiles pour le tour en bateau, lorsque vous aurez froid.

Et vous l’avez compris, préparez vous à MARCHER.

Nos guides ont été vraiment parfaits, sur toute la ligne. Je vous les recommande chaudement !

P.S :

Le Gabon compte 9 provinces et dans cet article, 2 d’entre elles sont mentionnées :

  • l’Estuaire où se situent Libreville et la Pointe Denis
  • l’Ogoué Maritime où l’on retrouve Port-Gentil, Gamba, Sette Cama et le parc de Loango.

L’Ogoué est le principal fleuve du pays. D’ailleurs il le traverse presque en entier. C’est la raison pour laquelle 5 des 9 provinces comportent Ogoué dans leurs noms: Haut- Ogoué,  Moyen – Ogoué, Ogoué – Ivindo, Ogoué – Lolo, Ogoué Maritime.

 

Et vous, avez-vous déjà visité le Gabon ?